DéPLACEMENT

La statue du carrefour Vavin a rapetissé depuis que je la connais. Oui, les arbres qui l’entourent ont tellement grandi ! Nicole MOZET Présidente du Groupe International de Recherche Balzacienne et Professeur émérite à l’Université de Paris VII

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MANIFESTE pour Un PROJET CULTUREL, HISTORIQUE et TOURISTIQUE pour PARIS autour de « chez Balzac » -
Le déplacement du Balzac en bronze du carrefour Vavin près du site de la Maison de Balzac dans un nouvel » itinéraire vert » pour les touristes à Paris.

l’histoire du Balzac de Rodin, depuis le décès de l’écrivain et la commande reçue par Rodin quarante ans après la mort de Balzac, a été jalonnée de souscriptions publiques qui ont eu des réussites fort différentes mais qui ont in fine toutes contribué à ce que cette statue existe aujourd’hui en treize endroits du monde (sur quatre continents) sous sa forme de bronze.

L’emplacement parisien du Balzac de Rodin a aussi connu vicissitudes, interdictions, négociations interminables et choix déchirants ou aberrants après qu’en 1898, la Ville de Paris et la Société des Gens de Lettre aient refusé à Rodin l’emplacement initialement prévu lors de la commande faite au sculpteur, à savoir la Place du Palais Royal.

De ces deux constats est née l’idée de créer une Association “Rodin chez Balzac”. L’un de ses deux objets est donc de vouloir demander aux autorités compétentes (la Ville de Paris) le déplacement de cette statue à Paris dans le sens d’un rapprochement ultime entre ces deux grands artistes français.

Une raison implacable est que la statue du carrefour Vavin est quasi “invisible”. Témoignages en cascade se sont succédés depuis que nous travaillons au projet de ce film sur cette statue, et nous pouvons rappeler ici quelques éléments découverts au cours de nos recherches. La Presse, des élus s’en sont alarmés régulièrement depuis les années soixante. Toujours en vain.

En septembre 1967, le Figaro littéraire déplore que le Balzac ne soit pas à la meilleure place.

Trois ans plus tard, c’est un conseiller de Paris (Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris du 13 mai 1970) qui attire l’attention sur « la situation regrettable dans laquelle se trouve le “Balzac” de Rodin, boulevard Raspail Cachée sous les arbres, la statue est à peu près invisible à l’époque des feuilles et elle est en outre défigurée aussi bien par des panneaux de signalisation que par des éclairages inopportuns ».
La Commission du vieux Paris conclut en 1971 que la situation n’est en effet guère avantageuse.
Mais rien n’est entrepris et en 1981, c’est au tour du Monde de souligner que « mal placée sur le terre-plein du boulevard Raspail, dissimulée en partie par les voitures en stationnement, la statue de l’auteur de La Comédie humaine mériterait un sort meilleur ».
Et depuis, rien n’a changé.

C’est pourquoi aujourd’hui, et dans la lignée de ce « dialogue imaginaire » écrit pour le film, que nous avons conçu et réalisé entre Balzac et Rodin pour raconter l’histoire passée et présente de cette statue, il serait enthousiasmant, pertinent, cohérent que le Balzac de Rodin vienne dominer Paris tout à côté de la Maison de Balzac. Dans ce face à face que même Rodin a vécu « physiquement » lorsqu’il a été invité à participer à l’inauguration de la Maison de Balzac en 1908.

100 ans plus tard, nous rêvons cette utopie culturelle de rendre cette demande, cette idée possible. Elle ne serait finalement que l’aboutissement d’une longue histoire douloureuse et chaotique qui a mis aux prises Rodin, Balzac et tous les représentants d’Institutions bien déroutés par cette création si puissante et originale.

Nous interpelons la Ville de Paris en proposant ce déplacement du Balzac dans un projet d’aménagement urbain et piétonnier, un parcours « vert » dans le 16ème arrondissement de la Maison de Balzac à la Tour Eiffel qui s’inscrirait en plein dans des dimensions historiques, culturelles et écologiques.

Et bien entendu, plus nous aurons de souscripteurs et d’adhérents à l’Association, plus ce projet prendra tout son sens et son poids pour convaincre les autorités de la Ville de Paris et légitimement leur poser la question de ce déplacement. Mais ne serait-ce pas un projet qui ferait aussi honneur à la Ville de Paris elle-même et enrichirait les nouveaux itinéraires touristiques à réinventer ?
Ce déplacement du Balzac de Rodin devrait s’inscrire dans un projet culturel et touristique plus ample que nous présentons.
Ainsi après avoir entendu parler de l’acquisition de la maison jouxtant la Maison de Balzac rue Raynouard, nous pensons que ce lieu chargé d’histoire offrirait enfin un espace public digne de cette statue.
La mise en valeur serait assurée par la possibilité qui s’offre à Ville de
créer une promenade de charme reliant le cœur de Passy au champ de Mars.
Passant successivement par la rue de l’Annonciation, déjà partiellement réservée aux piétons, empruntant le petit escalier couvert de verdure qui, sur cette parcelle jouxtant la Maison de Balzac, tortille parmi les terrasses successives, le piéton arriverait dans la petite rue Berton (la première rue de Paris inscrite au titre des sites), avant de flâner dans le nouveau Parc de Passy, de passer successivement devant le musée du vin et le square de l’Alboni.
De là, la passerelle de Passy puis la promenade d’Australie le conduisent au pied de la tour Eiffel.
Cette promenade, associant la tour Eiffel, les bords de la Seine, une succession d’espaces verts et de lieux chargés d’histoire (sait-on que les caves de la Maison de Balzac sont les seuls habitats troglodytiques médiévaux de Paris, et que les terrasses sont les dernières à témoigner du charme bucolique des coteaux de Passy sous l’ancien Régime, tant l’urbanisme s’est montré actif dans l’ouest parisien au XXe siècle ?), attirerait tous les amoureux de Paris qui désirent échapper aux grands centres touristiques et souhaitent découvrir les quartiers qui ont su préserver leur authenticité.

Nous posons aujourd’hui officiellement cette question au Maire de Paris et aux adjoints concernés par tous ces thèmes (Culture, Patrimoine, Tourisme, Espaces Verts, etc).

La statue de Rodin, dressée sur les terrasses bordant la Maison de Balzac, dominerait la foule telle une figure de proue, et constituerait l’un des clous de cette promenade, contribuant à drainer un nouveau public vers une Maison de Balzac agrandie. Le déplacement de cette sculpture mettrait donc en valeur non seulement l’œuvre magistrale de Rodin, mais encore l’un des plus attachants musées de la capitale et, plus largement, contribuerait à faire mieux connaitre le charme discret de ces villages qui survivent en plein Paris.

Bref, quoi de plus simple et ambitieux à la fois, que ce rapprochement de cette statue, chef-d’oeuvre mondialement reconnu de la statuaire contemporaine et de la Maison de Balzac à ce symbole de ce Paris toujours présent de par le monde par la présence de la Tour Eiffel?

Aidez-nous à soutenir ce projet en faisant un don et en adhérant ainsi à l’association pour faire partie du Comité de Soutien à cette demande, rubrique Souscription-Adherer.